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Mercredi 17 mai 2017

FTL : bientôt l’heure de vérité


Le dossier Financière Turenne Lafayette (FTL), sans doute l’un des plus gros scandales financiers de 2016, a été l’un des derniers gérés par le précédent gouvernement. Un dossier rondement mené. En effet, depuis la disparition fin novembre de l’ancienne propriétaire Monique Piffaut et la découverte des comptes truqués depuis une dizaine d’années, il s’est écoulé moins de six mois. Le gouvernement s’est immédiatement retroussé les manches afin de trouver en urgence des solutions pour éviter la liquidation et sauvegarder les 3 200 emplois du groupe. Après l’annonce d’un plan de financement de 66 millions d’euros en accord avec les 17 banques créancières, et la prise en main de la direction par Eric Le Gouvello, spécialiste des entreprises en redressement, les choses se sont accélérées.

Après les offres de reprise des pôles charcuterie et pâtes fraîches, respectivement déposées par la coopérative bretonne Cooperl et le groupe Pastacorp (Lustucru et Rivoire & Carret), l’annonce de l’identité du repreneur de la branche plats cuisinés et traiteurs, autour de la marque phare William Saurin, est imminente (voir en page XXXX). Les dossiers seront examinés par le tribunal de Commerce à la fin du mois.

Un dénouement aussi express qu’inespéré, après l’énormité du scandale financier qui laisse 350 millions d'euros de dette. Mais le dossier FTL n’est pas clos. Une enquête a en effet été ouverte par le Parquet de Paris. Les limiers de la brigade financière enquêtent et la procédure suit son cours.

Si Monique Piffaut a certes emmené ses secrets avec elle, il est cependant difficile d’imaginer qu’elle a maquillé les comptes pendant toutes ces années au vu et su de tous, de ses associés, aux commissaires aux comptes. Simple négligence ? ou fraude organisée ? L’enquête le dira.

Perrine Delfortrie