Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 01 février 2017

Il est temps de changer !


À un mois de la fin des négociations commerciales, la situation dans les box reste toujours aussi conflictuelle entre distributeurs et fournisseurs. Même si tout ça reste très feutré, personne ne cache une pression toujours très vive sur les prix. Les producteurs de foie gras sont bien les seuls à préciser que la grande distribution a accepté de jouer le jeu en fin d’année, évitant de mettre à mal la filière. Ces mêmes distributeurs, déplorent les spécialistes des produits festifs, qui ne sont en revanche toujours pas disposés à prendre en compte dans les négociations la hausse du prix du saumon, dont les cours ont augmenté de 60 % en moins de deux ans. Et quand on sait que la matière première représente 70 % du prix final, on comprend mieux l’inquiétude de ces entreprises. Elles sont loin d’être les seules. En 2016, le prix des matières premières a augmenté de 12 % et de plus de 180 % depuis 2004, rappelle l’Ania. La part des achats agricoles représente près de 55 % du chiffre d’affaires total de l’industrie agroalimentaire, alors qu’elle n’est que de 40 % environ dans le reste de l’industrie manufacturière.

L’Ania aura beau dire, comme tous les ans, qu’il est indispensable que les négociations commerciales prennent en compte "les hausses de matières premières agricoles dans la construction du prix", le gouvernement d’assurer, comme tous les ans, que les contrôles ont été renforcés et que la loi sera appliquée coûte que coûte, les distributeurs, comme tous les ans que le problème ne vient pas tant des négociations commerciales, que du manque de compétitivité des entreprises françaises…. force est de constater que rien ne change.

Le moment n’est-il pas venu de tout remettre à plat afin de répercuter la vraie valeur de l’alimentation tout au long de la chaîne ? Le prochain occupant de l’Elysée serait bien avisé de prendre la mesure du problème. Certes, l’industrie alimentaire fait sans doute moins rêver que la high tech, mais il n’empêche qu’elle occupe une part non négligeable de notre économie. Il serait plus que dommage de laisser filer ces atouts.

Perrine Delfortrie