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Mercredi 07 juin 2017

Les œufs avant les poules


Des distributeurs aux groupes de restauration collective et aux hôteliers, en passant par les fabricants de produits transformés, les engagements de ne plus utiliser d'œufs de poules élevées en cage à un horizon plus ou moins proche se poursuivent. La décision prise par le spécialiste de la viennoiserie industrielle Brioche Pasquier le 7 juin est la dernière en date. Panzani, mis en cause une semaine plus tôt suite à une vidéo de l'association L214 tournée dans un élevage de poules pondeuses en cage, s'est lui aussi décidé à passer aux œufs plein air à partir de 2025. Certains groupes et notamment Monoprix, Marriot International, McDonald's, Amora pour ne citer qu'eux, ont déjà renoncé aux œufs en batterie. Pour les autres, les engagements sont pris d'ici 2020 à 2025.

Une disparition programmée de l'élevage de poules en batterie en France d'ici quelques années qui répond à une demande des consommateurs et va certes dans le bon sens, mais qui nécessitera plus qu'un simple coup de baguette magique, ce que certains ne doivent pas perdre de vue.

Au-delà de l'image positive renvoyée aux consommateurs au travers de ces annonces responsables, il convient aussi de s'interroger et d'appréhender concrètement les conditions de cette mutation pour les éleveurs. "La filière ne pourra pas suivre", s'exclament déjà certains professionnels, qui parient sur l'impossibilité d'atteindre des objectifs.

Le CNPO, l'interprofession de l’œuf, a fait les comptes. Le Contrat Sociétal d’Avenir lancé en octobre dernier, pour la conversion de la production vers les œufs alternatifs, prévoit d'atteindre 50 % de poules en élevages alternatifs d’ici 2022 (bio, plein air et sol). L'investissement total pour y arriver est de 500 millions d’euros. Début mai, l'interprofession avait annoncé son intention de faire financer 20 % de ces investissements par la grande distribution. Les négociations sont en cours et rien n'a encore filtré.

Perrine Delfortrie