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Mercredi 07 décembre 2016

Menaces sur l’export


La nouvelle épizootie de grippe aviaire H5N8 détectée dans plusieurs élevages de certains départements du Sud-Ouest est un nouveau coup dur pour les producteurs de foie gras français. Si ce nouvel épisode ne concerne pas la production déjà réalisée, il pèsera bel et bien sur l’ensemble de la filière.

Le vide sanitaire imposé au printemps dernier a engendré une chute de 25 % des volumes de production, soit 4 750 tonnes en moins cette année, engendrant par ricochet une hausse des prix. Mais le problème n’est pas tant du côté des consommateurs, qui trouveront de quoi garnir leur table pour les fêtes de fin d’année, mais bien du côté des producteurs. Déjà fortement fragilisés, les plus petits notamment pourraient se retrouver en grande difficulté. Certes, des indemnisations sont prévues, mais cette succession d’incidents compliquera encore un peu plus leur capacité à investir dans les nouvelles mises aux normes sanitaires imposées à tous.

Et si le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) se veut rassurant sur l’ampleur de la situation, cette épizootie repousse aussi la reprise des exportations. La France n’ayant pas retrouvé « son statut de pays indemne d’influenza aviaire », comme l’a précisé le ministère de l’Agriculture, impossible aux volailles et autres foies gras français de sortir de nos frontières. Et notamment de s’envoler, comme espéré au printemps 2017, vers le Japon, le premier marché à l’export pour le foie gras avec 1 000 tonnes importées en 2015, sur une production totale de 19 200 tonnes dans l’hexagone. Au premier semestre, les exportations de foie gras cru affichaient un recul de 27 % en volume et de 15 % pour le foie gras transformés. La balance commerciale, excédentaire en 2015 de 56,3 millions d’euros, devrait être à zéro à la fin de l’année. La reconquête de ces marchés à l’export très dynamiques, notamment en Asie, mettra du temps.

Perrine Delfortrie