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Mercredi 25 janvier 2017

Savoir enfin


Faut-il se méfier du E171 ? Les résultats d’une étude de l’Inra sur les effets d’une exposition orale au dioxyde de titane, plus connu sur le nom de E171, ne sont guère encourageants. Ils montrent en effet pour la première fois chez l’animal que cet additif alimentaire "pénètre la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme" provoquant "des troubles du système immunitaire liés à l’absorption de la fraction nanoparticulaire de l’additif", indiquent les chercheurs. Pire : 40 % des rats étudiés présentaient des lésions pré-cancéreuses sur le colon après 100 jours d’exposition orale dite chronique au E171.

Évidemment, il n’est pas possible d’extrapoler ses résultats à l’homme pour l’instant. Mais les conclusions de ladite étude ont suffisamment inquiété pour que les ministères chargés de l’économie, de la santé et de l’agriculture aient conjointement et immédiatement saisi l’Anses afin de déterminer la dangerosité du E171 pour les consommateurs. Les résultats seront connus fin mars.

Sans attendre, le confiseur indépendant Verquin, connu pour ses "Têtes brûlées", a fait savoir qu’il s'"engageait à ne plus utiliser de dioxyde de titane dans la fabrication de l’ensemble de ses bonbons". Après Lutti, il s’agit du deuxième confiseur à prendre une telle décision.

Certes, les produits utilisés dans l’industrie agroalimentaire ne présentent aucun danger pour les consommateurs, comme le rappelle l’Ania. Mais le flou demeure entre additif et nanoparticule. L’E171 est autorisé comme additif, alors qu’il est "composé à 45 % de nanoparticules", selon un des auteurs de l’étude. Et il pénètre donc bien la paroi de l’intestin du rat comme l’a montré l’étude de l’Inra.

Les résultats de l’Anses devraient permettre enfin de savoir, si oui ou non il faut se méfier du E171 utilisé en tant qu’additif alimentaire et arrêter de jouer sur les mots.

Perrine Delfortrie