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Mercredi 14 juin 2017

Vague verte


Le vert est à la mode dans les rayons alimentaires : il n’y a qu’à regarder comment se multiplient les produits végétariens ou végans dans les grandes surfaces ou en restauration à emporter. D’autres marchés sont aussi concernés au premier chef, comme la nutrition médicale ou sportive. Autrefois cantonnées à la cible réduite des végétariens, ces spécialités s’adressent aujourd’hui au plus grand nombre. Les habitudes des consommateurs changent, sous le poids des motivations environnementales puisque l’élevage serait polluant, mais aussi morales au nom du bien-être animal, et pour des motivations de santé, menacée par le trop de viande.

Pour répondre à cette nouvelle demande, les fabricants de produits alimentaires, et même les charcutiers comme Herta ou Fleury Michon, se mettent à la protéine végétale. Ils viennent bousculer les acteurs traditionnels, spécialistes du végétal ou des produits bio, qui sont forcés de multiplier les innovations pour tenir le rythme imposé par les gros opérateurs.

Le secteur du traiteur frais, qui dépasse désormais les 7 milliards d’euros de ventes annuelles en France, voit l’avenir en rose : il prévoit des progressions conséquentes dans les prochaines années alors que l’alimentaire en général a tendance à stagner. Concernés par l’essor du végétal, les industriels se livrent à une vive concurrence, avec des conséquences sur l’outil de production, creusant l’écart entre ceux qui ont déjà investi et les autres, obligés de prendre le train en marche.

L’amont est bien sûr concerné. Les recherches s'intensifient pour développer de nouvelles protéines végétales, à l’image de Tereos, qui a présenté récemment son premier produit alimentaire à partir de protéine de blé et de pois, ou encore de Roquette qui investit des centaines de millions d’euros dans la protéine de pois jaune. La vague verte n’est pas près de refluer.

Cyril BONNEL