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Mercredi 15 février 2017

Où va-t-on ?


À une quinzaine de jours de la fin des négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs, tout le monde s’agite. Enfin, presque tout le monde. Les distributeurs, même s’ils ne sont pas tous à mettre dans le même sac, sont pour l’instant au moins les grands absents du débat. À l’inverse, des agriculteurs aux industriels, le son de cloche est le même : les nouvelles demandes de baisse des prix de la part de la plupart des grandes enseignes sont intenables et ne tiennent pas compte des réalités économiques actuelles. Le sujet n’est pas nouveau et a même malheureusement tendance à s’amplifier d’année en année, sur fond de guerre des prix entre distributeurs. Et pourtant, régulièrement, tous les intervenants de la chaîne alimentaire, distributeurs compris, se plaignent des effets pervers de cette course au prix bas, sur l’emploi et les investissements. Mais arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt. Il y en a forcément qui ne sont pas convaincus par ce qu’ils disent à ce moment-là, sinon il y a un bon moment que le fonctionnement dans les box de négociations aurait changé, loi ou pas loi, sanction ou pas sanction.

Alors faut-il réinventer une nouvelle forme de distribution pour sortir de cette impasse ? L’idée est séduisante. Les différentes expériences montrent d’ailleurs de réels atouts pour les producteurs et les fournisseurs, mais aussi pour les consommateurs. Toutefois, l’émergence de ces circuits reste encore bien faible pour faire de l’ombre aux géants de la distribution. Et pourtant, c’est bien en faisant jouer la concurrence, mais sur d’autres bases que le prix bas, toujours plus bas comme maintenant – et, pourquoi pas, sur le juste prix et pas forcément le plus cher – que l’on peut espérer sortir de cette spirale délétère. Un prix qui convienne à tous : agriculteur, transformateur, distributeur et consommateur. Juste un bon prix !

Perrine Delfortrie